RND-FLN L’escalade
19 septembre, 2005 | 286 Lectures | Ecrire un commentaireLe porte-parole du RND a franchi ce jeudi un nouveau cran dans l’escalade verbale que livre sa formation à l’ex-parti unique depuis la sortie jugée inopportune d’Abdelaziz Belkhadem.
Le porte-parole du RND a franchi ce jeudi un nouveau cran dans l’escalade verbale que livre sa formation à l’ex-parti unique depuis la sortie jugée inopportune d’Abdelaziz Belkhadem. Les propos au vitriol lancés à l’adresse de ce dernier par un canal on ne peut mieux officiel du parti d’Ouyahia à partir de Constantine sont lourds de sens et dénoteraient l’imminence de l’implosion de l’alliance présidentielle. Miloud Chorfi s’enorgueillit en effet de l’assoupissement de la coalition car cela arrangerait, à ses dires, les affaires de son parti, “entré solennellement en campagne”. Ce pour “le RND n’a nul besoin d’allié et livrera seul ses prochaines batailles”, a-t-il poursuivi. Kamel Ghimouze - Constantine (Le Soir) - La conférence régionale des cadres du RND issus de quatre wilayas, à savoir Constantine, Mila, Skikda et Jijel, n’aura valu donc que par cette mise au point sévère articulée à l’endroit de Belkhadem, simultanément par le porte-parole du parti et le chef de cabinet d’Ouyahia, Abdeslam Bouchouareb en l’occurrence.
Les critiques et autres attaques que subirait le RND de la part de ses partenaires politiques sont mises en évidence d’emblée par Miloud Chorfi, lequel n’hésitera pas à re-convoquer quelques péripéties de la décennie noire pour stigmatise le secrétaire général du FLN. « Nos détracteurs ont-ils épongé le fait que le RND était leur sauveur politique, qu’il livrait une lutte acharnée au terrorisme au moment où certains d’entre eux se réunissaient à Sant’Egidio et nous désignaient comme étant des éradicateurs ? » dira-t-il. L’allusion à Belkhadem sera de plus en plus explicite lorsque l’orateur enchaînera plus loin que le leader de la majorité présumée s’était distingué par ses positions ambiguës s’agissant de la question du terrorisme intégriste et de marteler par conséquent que « les attaques proférées contre le RND sont inacceptables ».
Des attaques qu’il qualifie de subterfuges à l’effet de dissimuler les échecs de leurs propres auteurs d’une part et d’obstruer la dynamique sereine qui prévaudrait au sein du RND d’autre part. « Oui ! rétorquera-t-il solennellement, le RND a entamé sa campagne pour les prochaines échéances électorales ». Un pécher que lui reprocheraient ses détracteurs car le Rassemblement est craint de tous ses adversaires politiques, laissera-t-il entendre. Et à propos d’élections, celles anticipées annoncées par l’orateur pour septembre prochain, constitueraient un challenge auquel la direction du RND prêterait un intérêt certain.
Miloud Chorfi ne cache pas en effet les ambitions de son parti pour ces joutes en louant le redéploiement de ses troupes dans la région de Kabylie. S’agissant de l’alliance présidentielle, l’orateur résumera sa mission au soutien que celle-ci est censée apporter au programme du président de la République et à un simulacre de coordination confinée au sommet. « Tant mieux ! s’exclamera-t- il, car si cette coordination n’est pas l’apanage de nos assises ou qu’elle est carrément inexistante, cela arrange le RND qui n’a pas besoin de bases communes et qui mènera son combat tout seul ». Une sentence qui scelle définitivement le sort de l’alliance présidentielle d’autant plus que le porte-parole du RND assigne à sa formation, sans réticence aucune, le statut de première force politique du pays.
Il s’adonnera à ce titre à une démonstration chiffrée de son postulat. Évoquant la conception que fait le RND de la réconciliation nationale, Miloud Chorfi égratignera de nouveau Abdelaziz Belkhadem. « Elle n’est perceptible, dira-til, qu’à travers une véritable mutation des mentalités pour une réelle sortie de crise par notamment la poursuite de la lutte contre le terrorisme jusqu’à son extermination ». Et de poursuivre : « Nous ne voulons pas d’une réconciliation introduite avec la bénédiction du Vatican », rappelant de fait l’épisode de Sant’Egidio. Le secrétaire général du FLN n’échappera pas non plus aux écorchures de Miloud Chorfi quand ce dernier fera part de son étonnement de voir des leaders de parti se substituer au président de la République en appelant à une révision constitutionnelle. Le RND qui avait été le premier à apporter son soutien à Bouteflika en 1995 saurait être dans les premières loges pour apporter son appui à un troisième mandat si telle était sa volonté mais faudrait-il d’abord que le premier magistrat du pays, seul habilité à parrainer une entreprise de cette dimension, exprime la nécessité pour le pays de recourir à une révision constitutionnelle » poursuit le porte-parole du parti d’Ouyahia. « L’honorabilité » des positions de son parti ainsi que « la clairvoyance » de l’action du chef du gouvernement n’étaient pas en reste dans le discours de Miloud Chorfi qui s’est félicité notamment de « l’aboutissement du dialogue avec le mouvement citoyen de Kabylie ou encore l’UGTA ».
Il aura toutefois jeté le pavé de trop dans la mare des rapports que son parti entretient depuis quelque temps avec son partenaire à l’alliance présidentielle et au gouvernement, le FLN de Belkhadem. K. G.
Source: Le Soir d’Algérie [1 juillet 2005]
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