“La France doit demander pardon aux Algériens”
31 octobre, 2005 | 266 Lectures | Ecrire un commentaire
Parler de Novembre en 2005, un sursaut qui a ouvert la voie à un autre sursaut, le projet du Président Bouteflika de réconcilier les Algériens, après plus d’une décennie de tragédie nationale, unique dans notre histoire par sa férocité, c’est ne pas oublier que la nation algérienne était menacée de disparition et qu’il fallait un tel sursaut salutaire pour redonner espoir aux Algériens, lassés des divisions politiques qui risquaient de faire le jeu du système colonial. Novembre a sauvé une fois de plus l’Algérie.
Le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), M. Saïd Abadou, a demandé à l’Etat français de présenter officiellement ses excuses au peuple algérien pour tous les crimes commis à son encontre et contre l’humanité, de le dédommager aux plans moral et matériel et de poursuivre les criminels de guerre.
Dans une déclaration à l’APS à l’occasion du 51e anniversaire du déclenchement de la glorieuse Révolution de Novembre, M. Abadou a appelé les pays et les peuples de l’Union européenne et toutes les forces vives du monde entier à “comprendre” cette revendication “légitime” du peuple algérien “qui insiste sur la nécessité d’une reconnaissance par la France des crimes qu’elle a commis et de lui présenter ses excuses officielles”.
Cette reconnaissance permettrait, a-t-il précisé, de tourner la page d’un passé douloureux et d’en ouvrir une nouvelle autre “d’autant que cela fait plus de quarante ans que l’Algérie a recouvré sa souveraineté nationale”.
Evoquant la loi 158 promulguée par le Parlement français le 23 février 2005, M. Abadou a affirmé que “cette loi glorifie de manière impudente une occupation qui a duré 132 ans ainsi que les colonisateurs, les traîtres et les collaborateurs”. “Cet Etat qui se présente au monde comme le berceau de la liberté, de l’égalité et des droits de l’homme veut tromper l’opinion publique avec sa nouvelle définition du colonialisme en faisant l’apologie de cet acte et en affirmant que les tueurs et les bourreaux méritent d’être honorés pour les crimes qu’ils ont commis”, a déclaré le secrétaire général de l’ONM. “Si ceux qui ont élaboré cette loi, ceux qui l’ont adoptée et ceux qui l’ont promulguée avaient un grain de civisme et d’humanisme, ils se seraient contentés d’assumer l’infamie et l’opprobre qu’ils portent en eux”, a souligné M. Abadou qui précise que “la nostalgie de leur sinistre passé ne justifiera en rien les souffrances d’un peuple et la destruction de son patrimoine et celui d’une nation dont la civilisation a été d’un grand apport à l’humanité tout entière”. Le secrétaire général de l’ONM a affirmé que les moudjahidine et les enfants de “la famille révolutionnaire” ainsi que tous les Algériens “dénoncent et condamnent” cette loi qu’ils considèrent comme “une provocation inacceptable et comme un geste qui nuirait aux relations algéro-françaises d’autant que les deux peuples s’apprêtent à tourner la page de ce passé douloureux et à signer un traité d’amitié et de coopération au profit des générations futures”.
Quant à ceux qui ont collaboré avec le colonialisme français et pris les armes contre la nation, M. Abadou a affirmé qu’”ils n’ont pas le droit de revendiquer des droits dans un pays qu’ils ont combattu”.
“Cela relèverait de la lâcheté que ceux qui ont renié leur pays et collaboré avec l’ennemi osent aujourd’hui revendiquer le droit d’appartenance à ce même pays que les chouhada ont irrigué de leur sang”, a -t-il ajouté.
M. Abadou a indiqué, à ce propos, que le peuple algérien, et à sa tête “la famille révolutionnaire”, seront “un rempart contre le colonialisme et tous ceux qui ont collaboré avec l’ennemi tout au long de la période coloniale”.
A cette occasion, le secrétaire général a souligné que le peuple algérien a subi les pires affres du joug colonial qu’a eu à connaître l’humanité rappelant les souffrances qu’il a endurées et la répression sans précédent exerçait contre lui.
Après avoir souligné les lourds sacrifices consentis par le peuple algérien et sa victoire grâce à son adhésion au Front de libération nationale, M. Abadou a indiqué qu’il convient aujourd’hui “d’œuvrer à assurer la stabilité et la paix nationales”.
Cette responsabilité, a-t-il dit, n’est pas moindre que celle assumée pour “la libération nationale”. Aussi, est-il impératif de contribuer à “la consécration d’un régime démocratique où le dernier mot reviendrait au peuple et où l’intérêt du pays doit prévaloir pour tous ceux qui s’engageraient dans une action politique”.
Le secrétaire général de l’ONM a précisé que la Révolution de Novembre 1954 n’avait pas pour seule finalité l’indépendance, mais elle aspirait également à “l’édification d’un Etat et la réalisation de la prospérité et du progrès pour le peuple algérien tout entier”.
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