benbarka.jpgIl y a 40 ans disparaissait Mehdi Ben Barka, devant la célèbre brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain. La justice française enquête toujours sur l’enlèvement du dirigeant de l’opposition marocaine dont le corps n’a jamais été retrouvé.

En quarante ans, cette disparition a donné lieu à de multiples rebondissements tant médiatiques que judiciaires. Malgré deux instructions judiciaires et la levée du secret défense en novembre 2004 par Michèle Alliot-Marie, l’affaire n’a jamais été totalement élucidée.Le corps de Ben Barka n’a toujours pas été retrouvé et les conditions de sa mort restent encore obscures.

Se décider enfin “à dire la vérité”

Bachir, le fils aîné de Medhi Ben Barka et Me Maurice Buttin, l’avocat de sa famille, continuent leur combat afin de tout savoir sur cet « acte criminel», et demandent au Maroc de se décider enfin « à dire la vérité». «Je prétends, je maintiens et je démontrerai que le roi Hassan II est directement impliqué dans la demande de rapt, de retour forcé de Mehdi Ben Barka au Maroc », a affirmé Me Buttin vendredi lors d’une conférence de presse au théâtre du Lucernaire, à Paris. “Mais je ne pense pas qu’il ait décidé, lui, la mort à Paris de Ben Barka”. Désormais, les proches de l’opposant marocain attendent les résultats d’une commission rogatoire internationale (CRI) adressée au Maroc, concernant « les policiers marocains ayant participé à la disparition de Mehdi Ben Barka », explique Me Buttin, en rappelant qu’un juge d’instruction marocain vient d’être désigné.

Vendredi 29 octobre 1965

Vendredi 29 octobre 1965 deux policiers de la brigade mondaine, Louis Souchon et Roger Voitot invitent Ben Barka à monter dans une voiture où se trouve Antoine Lopez, informateur du Sdece (devenu DGSE, services secrets). Il est conduit dans une villa à Fontenay-le-Vicomte, dans l’Essonne. L’opposant à Hassan II, condamné à mort par contumace par la justice marocaine, ne sera plus jamais vu.

Débutait alors l’affaire Ben Barka. L’enquête judiciaire mène rapidement à des hommes politiques, des policiers et des truands français et fait apparaître que le général Mohamed Oufkir, ministre marocain de l’Intérieur, Ahmed Dlimi, directeur de la sûreté nationale marocaine, et un certain Chtouki, chef des brigades spéciales marocaines, se trouvaient alors à Paris. En pleine campagne présidentielle, le général de Gaulle sera élu deux mois plus tard face au candidat socialiste François Mitterrand, l’affaire suscite l’indignation de l’opposition.

Dans une conférence de presse du 22 février 1966, de Gaulle qualifie l’enlèvement d’opération qui “n’a rien que de vulgaire et de subalterne”. Cette affaire va également avoir des répercussions sur les relations entre la France et le Maroc.

Une place Mehdi Ben Barka

Lundi 31 octobre, le maire de Paris Bertrand Delanoë inaugurera une place Mehdi Ben Barka à l’angle de la rue du Four et de la rue Bonaparte, dans le 6e arrondissement de la capitale, avant de dévoiler une plaque devant le 151 boulevard Saint-Germain où il fut enlevé.

Un film s’inspirant de l’histoire réelle de l’enlèvement de l’opposant marocain sortira en salle le 2 novembre. “J’ai vu tuer Ben Barka” de Serge Le Péron avec Charles Berling, Simon Abkarian, Josiane Balaskko, Jean-Pierre Léaud, Fabienne Babe et Mathieu Amalric.


Note de l'Article :
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (3 votes, score: 1 sur 5)
Loading ... Loading ...

1 commentaire

  1. J’ai des révélations importantes a faire sur la disparition de Ben Barka.
    Je ne suis pas arrivé à contacter son fils Bachir.
    Avez vous une adresse mail ?

    MANGIEU

Ecrire un Commentaire