racaille_sarkop.jpgAu plus loin que je puisse remonter dans le passé, il m’a toujours été inculqué que pour être respecté il faut être respectable et que lorsqu’on a quelque fonction élective ou une once de pouvoir, il convient de donner l’exemple. Par la parole et par les actes.

On est donc tout à fait fondé d’exiger d’un ministre qu’il soit exemplaire tant dans ses propos que dans ses actes. Qu’il soit un modèle en quelque sorte et qu’il ne déshonore pas la République.
Monsieur Sarkozy, rappelons-le, n’occupe pas une fonction élective au sommet de l’État. Il a été désigné ministre. En bon technocrate qu’il est, de fait, cela ne lui donne aucunement le droit de s’affranchir de la volonté du peuple qui s’exprime par le suffrage universel. Cela ne lui donne pas plus le droit d’éructer avec de forts emprunts au vocabulaire lepéniste une haine aux accents calculés.

racaille_sarko.jpgLa République et la démocratie ne peuvent pas et ne doivent pas permettre de tels dérapages, à fortiori quand ils émanent de la bouche d’un ministre qui porte le numéro deux sur l’échiquier gouvernemental. En d’autres temps où la déliquescence de la pensée n’avait pas encore fait les ravages que nous constatons, de tels propos auraient conduit au limogeage et à la condamnation unanime de l’intéressé par la classe politique et intellectuelle. Aujourd’hui que les intellectuels « officiels » sont formatés donc aphones, que les « programmes politiques » s’élaborent à grand coup de sondages et d’idées puisés dans les discussion avinées des « café du commerce »… Aujourd’hui donc, Sarkozy parle à la France et aux Français comme parlent les « beaufs ». Sauf que Monsieur Nicolas Sarkozy de Nagy Bosca n’est pas un « beauf » comme les autres et que les mots qu’il nous sert, s’ils ne lui étaient pas totalement inconnus hier, ne faisait pas partie de ses habitudes de langage.
« Respect » - comme on dit en pied d’immeubles - pour les agences de communications qui l’ont si bien briefé !

Cette mise en scène serait pathétique si elle ne portait pas en elle la volonté affirmée d’en découdre avec les banlieues pour que s’embrasent les quartiers populaires et que la peur fasse son ouvrage. C’est cette stratégie qui a conduit au pouvoir quelques fascistes tristement célèbres et c’est cette stratégie là que le ministre de l’Intérieur français - et président de l’UMP - a décidé de porter dans chacun de ses déplacements au cœur des quartier dits « difficiles ». Notons que si ces quartiers sont si difficiles, c’est en grande parti à cause de la politique menée par l’UMP et ses représentants. Le PS avait aussi, on s’en souvient, bien balisé le chemin et entretenu le foyer.

Embraser les banlieues et reproduire une énième fois un scénario qui, en 2002, a porté l’extrême droite au deuxième tour de la présidentielle. Telle est l’ambition du premier flic de France, telle est l’ambition du patron de l’UMP, telle est l’ambition du MEDEF qui, demain, tirera seul les marrons du feu.
La peur, la peur, toujours la peur comme façon de gouverner ou pour cacher une absence de gouvernement, qu’importe, c’est cette manipulation là qu’il convient de dénoncer au moment où les médias officiels en rajoutent dans la surenchère… et n’analysent plus rien sur le fond. Des voitures qui flambent, des jeunes encagoulés, des pierres qui volent…. Ce ne sont que les effets spectaculaires d’une cause que l’on voudrait tenir cachée, comme une vieille recette mise à jour par les gouvernements successifs à l’approche d’une élection que l’on dit capitale. Depuis 1982, combien de fois le peuple des banlieues a été instrumentalisé ?

Et cette peur encore si l’on se réfère aux médias : de la grippe du poulet aux intoxications alimentaires dues au steaks surgelés en passant par les dérèglements climatiques, les attentats et l’embrasement de la planète, c’est bien une succession de prétextes à avoir peur qui nous sont servis quotidiennement et plus particulièrement le soir à l’heure du souper.
Il est définitivement établi que dans ce monde, le positif n’a plus droit de cité.

Une stratégie planétaire

Comme une stratégie qu’aucun journaliste digne de ce nom ne peut ignorer et devrait dénoncer, l’œuvre de Big Brother se fraye ainsi un passage dans chaque état en suivant une procédure identique et dont seule l’ampleur diffère en fonction des objectifs à atteindre.

Car ne nous y trompons pas, c’est bien le pouvoir économico-financier représenté par l’OMC qui dirige le monde avec ses filiales ou complices que sont les pouvoirs politiques chargés de mettre en place des gouvernements et des technocrates parfaitement inféodés. Une des filiales française s’appelle l’UMP et son président - qui ignore les conflits d’intérêts - a été nommé ministre de l’intérieur ce qui lui donne un pouvoir considérable et lui attribue une folle sensation d’invincibilité.

Mais à jouer avec le feu, à utiliser des peurs mal contrôlées, à surenchérir avec aveuglement, à trop flirter avec la droite extrême et à se croire indomptable et au dessus de tout… parfois la machine se grippe. Même les stratégie les mieux pensées ont une faille. Cette faille existe forcément. Certains qui la connaissent où l’ont déjà décelée attendent le faux-pas.
Et nous, modestement, mais avec opiniâtreté et conviction, nous portons encore et toujours le même rêve : celui de l’avenir de l’homme.

René BALME


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