Sur la berbérité en Algérie

03 août, 2006 | 308 Lectures | Ecrire un commentaire

Kabyle ? Arabe ? Berbère ? Autant de tiroirs pour caser, circonscrire, réduire ce qui fait aujourd’hui la communauté d’histoire et de destin d’un peuple : celui d’Algérie.

Revenir à la question de l’identité, que l’on pose et qui oppose, est primordial aujourd’hui où discours et pratiques “ethnicisantes” font le malheur des gens et plus particulièrement de ceux qui ont connu le drame d’avoir été colonisés. Ne faut-il pas craindre, derrière ces nouvelles “ethnicisations” -vêtues de la robe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et parées des atours de la protection des minorités- la réouverture du fameux vase de Zeus (1) d’où s’échappent des idéologies racialisantes prônant hiérarchisation et parti pris ?

Il ne s’agit pas de minimiser la question de la revendication linguistique berbère en Algérie ; bien au contraire, la berbérophonie reste, selon moi, la preuve tangible de la berbérité de l’Algérie… Elle ne peut toutefois justifier le monopole revendiqué par les seuls Kabyles, même si, par ailleurs, il faut leur rendre grâce d’avoir su conserver vivante une part de la mémoire de nos ancêtres.

Aussi, je m’érige contre des affirmations telles que celles de Salem Chaker (2), incontestablement linguiste émérite par ailleurs, qui ne conçoit “l’avenir berbère que dépend(ant) plus que jamais du rapport des berbérophones aux éléments constitutifs de leur identité : leur langue et leur culture”. De même, il considère comme “évident que la berbérité, la conscience d’être berbère, est liée à la berbérophonie et ne concerne plus qu’une minorité (importante) de la population. Les “autres” se définissent (et doivent être définis) -sic !- comme “Arabes” parce qu’ils sont culturellement -re-sic !- et linguistiquement arabes”. (3)

La berbérité est une composante essentielle de cette identité algérienne qui, bien que brouillée, embrouillée par des idéologies totalisantes imposant leurs diktats depuis bientôt deux siècles, a l’intuition de sa mémoire mutilée, niée, arbitrairement reconstruite.

Or, en réduisant la “question berbère” à celle d’une “minorité berbérophone” (qui constitue néanmoins un bon quart de la population), toutes les Algériennes et tous les Algériens se voient interdire et s’interdisent le nécessaire dialogue du passé avec le présent où doit se construire le futur. Celui-ci est pourtant urgent… d’autant plus urgent que Berbérophones et Arabophones résultent du même brassage de populations comme ils partagent une expérience commune du passé, se réfèrent aux mêmes cadres de références, adhèrent à des systèmes de valeurs analogues… La proximité culturelle entre deux montagnards, entre deux paysans, n’ayant pas le même usage vernaculaire, est bien plus évidente que celle d’un citadin et d’un rural, de même langue mais de postures ô combien différentes, quand de surcroît la différenciation sociale s’en mêle !

Quelques rappels factuels à l’appui de ces propos : l’Algérie, en tant que partie centrale de l’Afrique du Nord, s’est vu envahie - comme certains des siens ont participé à l’envahissement d’autres régions qu’elles soient européennes, africaines ou asiatiques- par moults peuples, lors notamment des sept grandes invasions qu’elle a connues : phénicienne, romaine, vandale, byzantine, arabe, ottomane, européenne, elles-mêmes s’appuyant sur des combattants de diverses origines, locales et mercenaires.

La conquête arabe de la Berbérie, par exemple, s’est réalisée avec des combattants mercenaires Iraniens, Mésopotamiens, Syriens, etc, mais avec bien peu d’Arabie, que ce soit celle du Hedjaz ou celle du Yémen. Les Hilaliens du XI° siècle eux-mêmes ne représentaient numériquement guère plus que ce que peut compter une tribu !

Quid alors de cette “origine arabe” tant revendiquée par certains, niée par d’autres et quasi décrétée par les administrations ? Carrefour de civilisations, méditerranéenne et africaine tant par sa géographie que dans ses parcours et échanges, plaque tournante entre l’Afrique et l’Europe, l’Orient et l’Asie, flux et reflux de l’Espagne andalouse, cette Berbérie qu’est l’Algérie est demeurée le pays des Imazighen -et ce, quelle que fut l’écriture en usage, du romain à l’arabe, du turc au français- sans pour autant échapper - heureusement !- aux brassages génétiques et aux apports culturels de toutes sortes.

L’idée même de populations échappant à ces dynamiques, au prétexte de leurs habitats montagnards, est une vue de l’esprit lorsque l’on se souvient des déplacements et cantonnements systématiques des tribus par le colonisateur français, quand ce n’était pas l’interdiction ou l’obligation de demeurer en une portion du territoire par lui spécifié.

Comment, par exemple, aujourd’hui, distinguer entre l’habitant des montagnes kabyles de “souche” et celui acculé à s’y réfugier, pendant que des millions d’hectares, dès le début de la conquête française, dans l’ouest du pays, étaient vidés de leurs habitants (arabophones ? berbérophones ? qui peut le dire maintenant !) ?

De même, après l’insurrection de 1871, dite des Mokrani (du territoire de Bordj-bou-Arréridj, à l’époque berbérophone, aujourd’hui devenu entièrement arabophone et dont les habitants s’imaginent plus dignes à partir du fameux raccourci : arabophone = arabe = lignée du prophète !), 2 700 000 hectares de terre furent mis sous séquestre pour devenir propriété européenne (4) pendant que les membres des tribus propriétaires étaient acculés vers des réduits arides, paysans devenant nomades, transhumants se sédentarisant. C’est à de complètes reconfigurations que l’on a dû assister alors. Qui dira jamais qu’elles en furent les conséquences sur l’usage de la “langue-mère” qu’est le berbère ?

Une série d’enquêtes, des années 1910, en Algérie, évalue la population berbérophone à un minimum de 30 % ; or, le résultat de ces évaluations est initialement biaisé, ne serait-ce que du fait qu’elles sont réalisées quatre-vingts ans après la pénétration, les bouleversements induits ayant eu largement le temps de modifier les réalités rurales et citadines, nomades et paysannes, tribales et villageoises.

L’arabophonie a dû vraisemblablement se développer durant cette période. L’arabe, en tant que langue de contact, du fait de sa fonction lithurgique, d’archivage, voire civilisationnelle, par le biais de l’écriture, et l’accès au savoir et à la loi qu’elle favorisait, a dû se forger une nouvelle légitimité en apparaissant comme un recours spécifique commun à une population opprimée, spoliée…

Il est d’ailleurs à noter que, de nos jours encore, l’arabophonisation s’effectue avec le passage à un espace public indifférencié : ainsi, est-ce les hommes, vecteur du contact avec l’extérieur qui sont d’abord bilingues, les femmes, porteuses de la langue maternelle à usage interne, demeurant dans un premier temps berbérophones monolingues ; puis l’installation dans la “ville” (serait-ce un bourg identifié à un espace de “civilisation”) accélère la régression de la berbérophonie. Pour preuve, nombre d’entre nous devenus arabophones alors que nos arrières grands parents étaient exclusivement berbérophones et nos parents bilingues.

Les modalités d’accès à l’indépendance et le totalitarisme linguistique imposé par les gouvernements successifs, les erreurs stratégiques de nombre de berbérisants réduisant, trop souvent encore, dans leurs discours et leurs pratiques, la “berbérité” à une “kabylité” survalorisée en France notamment, la manipulation de la mémoire collective par des idéologues patentés, l’encadrement et la médiocrité des espaces de productions culturelles, la mise au ban de la démarche critique, et bien d’autres facteurs encore, participent chacun à l’annihilation d’une identité qui pourrait être forte de son histoire, fière de ses brassages, exigeante pour sa postérité, créative par ses multiples facettes, volontaire dans sa participation à la culture universelle… Un processus antagonique réducteur “Berbères/Arabes”, artificiellement créé et largement entretenu, voit son émergence accéléré, venin savamment distillé pour saper le goût que partage ce peuple, pour toutes les aventures de liberté, évoquées par ce mot : amazighité !

Arabophones comme Berbérophones semblent de plus en plus s’accorder sur un point : le refus d’interroger cette commune acculturation qui fait d’un même peuple deux parties, s’excluant mutuellement, s’appuyant sur une altérité supposée ethnique, alors qu’on a affaire aux conséquences des aléas d’une histoire aliénée aux pouvoirs de toutes sortes. Adulée de toute part, cette amnésie collective aboutit à un appauvrissement commun où ces identités déracinées, manipulées, gauchies, faussées, courent le risque d’être un jour otages captivées d’aventuriers avides de pouvoir.

C’est de notre responsabilité de démonter ensemble les enjeux cachés qui se profilent derrière tous les discours identitaires, se prévalant de l’”ethnie” ou de l’accaparement exclusif d’éléments constitutifs des identités : si ces dernières résultent largement de ressentis à la fois individuels et collectifs -et c’est là l’entière liberté de chacune et de chacun-, elles n’en demeurent pas moins, en même temps et dialectiquement, des constructions arbitrairement singularisées par les producteurs du discours. Peut-être est-ce là la force du Verbe : rendre “vérité” ce qui n’est que “grille de lecture”…

Notre époque ne nous a-t-elle pas appris à nous méfier des identités tentées par l’absolu de leur essence. De la légitimité identitaire à la “purification ethnique”, il peut n’y avoir qu’un pas, vite franchi par les ambitieux de tous bords, et c’est alors que l’on se retrouve confrontés au sacrifice renouvelé des droits humains sur l’autel de l’identité sublimée.

Saida Rahal-Sidhoum, Sanabil

Sanabil, Journal électronique pour un Maghreb des droits de l’Homme, Numéro 1 - Mars 2001

Notes :
(1) Improprement désigné “boîte de Pandore” alors que cette dernière s’est contentée de l’ouvrir, ce vase, dans lequel Zeus avait cru bon enfermer les malheurs de l’humanité (on se demande d’ailleurs pourquoi c’est à Pandore -en l’occurrence une femme- qu’en incombe la responsabilité ? mais ceci est un autre débat…).

(2) Salem CHAKER, Berbères aujourd’hui, pp 9 et 17, éd° l’Harmattan, Paris 1999… dire que mon “ressenti” est berbère (et non arabe)… malgré mon arabophonie ! Que faire ?

(3) Faire de l’usage linguistique (la berbérophonie) un des deux éléments constitutifs d’une identité me semble d’autant plus réducteurs que la déruralisation, le brassage dans les cités et l’imposition régalienne d’une langue véhiculaire mettent à mal les langues vernaculaires… et puis, l’exemple irlandais n’est-il pas là pour démontrer que ce qui fait le peuple d’Irlande, ce n’est pas l’usage du gaëllique -quasiment obsolète- mais des traditions orales et écrites spécifiques, un patrimoine culturel commun, des particularités d’organisation sociales analogues, etc. Je défie quiconque, n’en déplaise à l’ethnologie coloniale, de me démontrer que des fractures de ces types organisent la société algérienne pour la séparer en deux aires, l’une “berbère” et l’autre “arabe” ! Pour ma part, j’ai identifié -y compris dans les usages culinaires et vestimentaires- une opposition plus visible entre “citadinité” et “ruralité” qu’entre ruraux de l’Est ou de l’Ouest quant aux usages matrimoniaux, aux normes sociales, à la conception du monde… hormis ce qui relève des écosystèmes et donc aussi de l’économie domestique, le facteur “langue” étant alors largement minorisé.

(4) cf le “Manifeste du peuple algérien” de Ferhat Abbas (1943)


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7 commentaires

  1. Dans votre article vous paraissez, un peu trop soucieux de la construction de la phrase. Les idées que vous vouliez exprimer sont absorbées par ce même souci. Sans vouloir vous offusquer, je me permets de vous demander de reluire un peu ce que vous écrivez! Evitez l’amalgame et la confusion ! Essayez de dire des choses claires en tenant compte de vos lecteurs. Tout le monde ne sait pas tout de l’Algérie. Vous, vous êtes en train d’embrouiller les lecteurs avec connaissances trop peu vraies. Votre ignorance de l’histoire de notre pays ne rend pas service à l’information. Mais de quoi je me même quand je n’arrive pas à me situer ?! Bonne continuation quand-même!

    Laid DOUANE

  2. rien ne dit que la region de bordj bou arréridj etais berberophone en 1871 et quelle est entierement araphone aujourdhui tu ne vit pas a bordj pour le dire moi je te dit que rien na changer croi moi

    kamel

  3. Avant tout, vous faites une confusion - comme un intellecutel arabe- entre l’arabe classique et les différents dialectes arabes en Algérie. Je vous signale que ce n’est pas la même chose. L’arabe classique, liturgique, n’a jamais eu d’assise sociologique. Il n’est la langue maternelle de personne. Il ne faut pas mélanger les genres mon cher… C’est la folie !

    Sinon, je ne suis pas vraiment de l’Algérie, mais du Maroc. Il me semble que la question amazighe se pose de plus en plus, surtout ces dernières années, avec plus d’acuité dans ce pays. Tout simplement parce que les Amazighs y sont majoritaires et qu’une minorité d’Arabes- qui sont tous fiers d’avoir des origines saoudiennes et andalouses- accaparent tout. Je vous dis tout. Et c’est en connaissance de cause.

    La défense de l’amazighité dans ce pays n’est pas l’apanage d’aucune région. C’est vrai que le Souss a une longueur d’avance, mais les autres régions ne sont non plus insensibles à la revendication amazighe. On trouve des associations amazighes partout dans le pays. Même au Sahara occidental - ah oui ! beaucoup ne le savent pas- où il y a encore des autochtones amazighs. Particulièrmenet dans la région d’Ass azag. Sans oublier les autres amazighs qui s’y sont installés par la suite et que les journaux algériens appellent généralement les colons marocains.

    Revenons à nos moutons, en fait, la question amazighe pose un grave problème à ce qu’on appelle le Nation Building en Afrique du Nord. Les Amazighs ont été exclus de ce processus. Le résultat: ils sont complètement niés. Le régime criminel marocain a été fier d’annoncer qu’il n’y a plus au Maroc que 28% de personnes encore entièrement amazighphones. Vous voyez, il est fier de son crime, de son ethnocide.

    En tant qu’Amazigh, lorsque je vois cela, je peux vous dire que la perception que j’ai des Arabes et de leurs régimes ( n’en déplaise à vous, c’est ce qu’ils se revendiquent) est que ce ne sont pas des compatriotes, mais des colonialistes destructeurs. Comment être fier d’avoir détruit des pans entiers de la culture amazighe, de ma culture ? Je ne pense pas qu’un compatriote digne de ce nom peut faire cela.

    Je regrette de vous le dire. Que les Arabes en Afrique du Nord soient d’origine amazighe, n’est absolument pas un argument. Ces gens sont arabes, se sentent arabes, font tout pour devenir encore plus arabes. Ils sont d’ailleurs libres.

    Mais s’il vous plaît ne venez nous dire qu’on est frères ou proches. Alors là jamais.

    Amazigh du Souss

  4. Excellent article ! Ca pose en des termes précis tout ce qu’il faudrait savoir concernant cette identité algérienne tellement évasive. Espérons seulement que cet article touchera suffisament de gens…

    Younes

  5. Vous prétendez que vous êtes un intellectuel algérien respectueux de la diversité, mais vous êtes tout à fait complice de la politique d’éradication de la berbérophonie. Dès qu’un berbérophone demande l’égalité des droits avec un arabophone, on crie au monopole.
    Dans ce combat contre l’assmilation scolaire, la Kabylie est en pointe et le montre de plus en plus ouvertement. Les autres berbérophones non kabyles réagissent encore trop timidement, cela ne veut pas dire pour autant qu’ils ne sont pas victimes de la même injustice.
    Pendant des décennies, les advsersaire de notre identité ont nié, puis ils ont emprisonné, tué, maintenant ils propagent de fausses information sur nous.

    azaglu

  6. Je trouve déjà absurde que l’on divise l’humanité en nations.
    Et ces divisions, il faut les accepter sinon on passe pour un fou.

    Moi, j’ai choisi mon camp, celui de la lucidité.

    dieuexiste.com

    miteny

  7. Chirac : “Le berbère langue arabe de France !”

    Insi : Je me présente. Je suis un Berbère…

    Chirac (Il l’interrompt) : Ah les Berbères ! Hier j’ai mangé un couscous berbère avec des pieds de Veau…
    Insi : Vous voulez dire des pieds de Français, non ?

    Chirac : Ne suis-je pas Gaulliste ? Franchement, un couscous berbère avec des pieds de Veau, ça fait un bon métissage culinaire.

    Insi : Laissons ça ! Parlons plutôt de l’enseignement du berbère en France.

    Chirac : J’aime bien la langue berbère. Je n’arrête pas d’écouter Khaled, Mami et le petit Faudel. Quelle poésie !

    Insi : Non, non monsieur le président. Là vous confondez la langue berbère avec la langue arabe.

    Chirac : Ah bon ! (Il réfléchit un peu) L’arabe et le berbère c’est kifkif, la même chose sawsaw exactement pareil. Pour nous, les Français, un Berbère est un Arabe laïc et républicain. Un bon Arabe, quoi !

    Insi : Passons. Les associations berbères de France vous ont fait part de leur souhait de voir la langue berbère enseignée dans les écoles en France, mais leur demande est restée lettre morte. Pourquoi ?

    Chirac : En effet, j’ai reçu leur requête, mais voyez-vous, ces histoires de Berbères me dépassent. Du coup, j’ai transmis leur demande à mon supérieur hiérarchique en la matière.

    Insi : Qui ?

    Chirac : Mon ami Boutef. C’est lui qui décidera de l’enseignement du berbère en France, comme il l’a fait récemment en Algérie.

    Insi : Mais c’est vous le chef, ici, en France.

    Chirac : C’est ce que tu crois. Partout où les Berbères seront, Boutef sera. Si on vous laisse vivre ici parmi nous, c’est parce que mon ami Boutef ne veut pas de vous en Algérie. Et comme vous êtes gentils, nous comptons sur vous pour sauver l’image de l’islam de France.

    Insi : Pourquoi nous ?

    Chirac : Parce que vous les Berbères vous êtes des musulmans dévoilés et transparents.

    Insi : Et pourquoi Boutef ne veut pas de nous chez nous ?

    Chirac : Parce que vous n’arrêtez pas de protester au point de devenir Protestants.

    Insi : De toute façon, si vous continuez à mépriser les Berbères, ils finiront par préférer l’Amérique à la France.

    Chirac : Vous n’allez pas nous faire le coup des Pechmergas, j’espère ? !.

    Insi : Si !

    Chirac : De toute façon, moi je ne serai pas là. Ce sera à Sarkozy de gérer la guerre en Algérie, si demain les Etats-Unis décident de l’envahir.

    Insi : Pourquoi vous hésitez à introduire l’enseignement du berbère à l’école alors que même ami Bernard Stasi vous le recommande ?

    Chirac : C’est vrai que les Berbères sont gentils, mais la gentillesse sans pétrole ne paye pas.

    Insi : A votre avis, comment doit-on procéder pour faire valoir nos droits en France ?

    Chirac : Il faut gueuler comme les Musulmans de France. Mais vous connaissant, vous n’aimeriez pas faire comme eux. Soyez donc rassurés ; pour nous, les Français, vous êtes tous des couscousistes.

    Insi : Les Berbères ne sont pas des musulmans.

    Chirac : Soyez heureux que l’on vous considère musulmans et non terroristes ! N’est-ce pas ?

    Insi : En ce moment, nous faisons circuler une pétition pour l’enseignement du berbère en France.

    Chirac : Je vous promets de la signer et lorsque vous me remettrez toutes les signatures, j’enverrai le tout à mon ami Boutef.

    Insi : Apparemment, vous ne voulez pas entendre raison.

    Chirac : Prenez le pouvoir chez vous et vous aurez raison.

    Insi : Aidez-nous alors.

    Chirac : Plutôt, organisez-vous, passez au laser et laissez tomber les pierres.

    Insi : Et pourtant vous soutenez l’intifida en Palestine !

    Chirac : Les Arabes ont du bon pétrole mon cher petit Berbère.

    Insi : Et nous ?

    Chirac : Vous, vous avez de mauvaises idées.

    Insi

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