Sa déclaration de biens pourrait créer un précédent au gouvernement

Le jour même de la présentation de sa démission, le 24 mai dernier, Ahmed Ouyahia a satisfait une obligation légale concernant ses biens. L’ancien Chef du gouvernement a fait sa déclaration de patrimoine publiée dans le dernier Journal officiel.

Ahmed Ouyahia possède une villa à Hydra acquise entre 1997 et 2002 pour un montant de 1.7 millions de dinars. Il n’a aucun autre bien immobilier, aucun véhicule et aucun placement, selon la déclaration certifiée. Pour les liquidités, il y a dans son compte auprès du Trésor 600 000 dinars. Négatif pour les autres rubriques de biens et passif.

Par-delà le fait de se plier à cette obligation faite aux responsables, élus, président et ministres, de déclarer leur patrimoine à leur prise de fonctions sans qu’il leur soit fait obligation de le faire à la fin de mandat ou de mission, il est remarquable comme le patron du RND, plusieurs fois Chef du gouvernement et ministre, s’y est plié, à peine a-t-il quitté le palais du gouvernement. Ce qui est indéniablement rare dans les mœurs des politiques algériens. En procédant ainsi, Ouyahia brise un tabou tout en créant une espèce de jurisprudence. Mieux, il piège les autres responsables en les contraignant ainsi, du moins moralement, à faire de même pour se mettre en “conformité” avec celui qui a été poussé vers la sortie. D’où la question sans réponse, pour le moment, de la raison de sa démission.
Ce qui est également frappant, en s’en tenant uniquement au contenu de sa déclaration, c’est qu’elle ne contient pas “grand-chose”, ni placement, ni biens à l’étranger, hormis une villa à Hydra. Chose qui est insignifiante devant l’étalage ostentatoire et provoquant des acquisitions de certains responsables de l’échelle inférieure. Autrement dit, derrière cette déclaration se cache l’idée que celui qui se définit comme “un commis de l’État qui se met à la disposition du pays” est demeuré durant toutes les années où il avait occupé des postes au sein des institutions de l’État fidèle à son engagement “au service du pays”.
Manifestement, par ce signe de probité et d’intégrité, Ahmed Ouyahia veut se montrer sous l’image d’un exemple de transparence et d’honnêteté dans un pays où tous les responsables sont porteurs, dans la rumeur populaire du moins, de l’étiquette indélébile de corrompus.
En quelque sorte, il veut par ce geste se mettre dans la case rarissime “d’exception”. Il va sans dire que le but recherché se situe bien au-delà de cette volonté de se donner une image “neutre” du fonctionnaire exemplaire.

Ouyahia se place politiquement
Le prédécesseur de Belkhadem inscrit son geste dans un prolongement politique de ses actions précédentes et de son bilan à la tête du gouvernement. Ce prolongement intervient dans un contexte marqué par une guerre feutrée avec ses alliés du gouvernement, particulièrement le FLN, avec en soubassement les prochaines échéances électorales.
Il y a d’abord les législatives de 2007 qui ont d’ores et déjà creusé le fossé entre les partis de l’alliance présidentielle, qui ne ratent aucune occasion de se lancer des pics malgré l’entretien d’une sorte de cohésion artificielle pour les besoins “de la photo”. Dans cette guerre de positions, Ahmed Ouyahia joue sur plusieurs fronts. Un front interne avec une crise fabriquée subitement dès l’annonce de sa démission du gouvernement. Un autre front constitué des deux autres partis de l’alliance qui jouent comme le RND sur deux tableaux : le soutien au président de la République, auquel ils ont juré fidélité sur le ton d’une chorale à trois, et la course individuelle dans les enjeux électoraux. Il y a enfin la perspective 2009 qui constitue un enjeu majeur pour ces trois partis. Même si jusque-là personne n’a reculé de sa position de soutien au Président, Ouyahia a été on ne peut plus clair en déclarant qu’il ne se présentera pas contre Bouteflika, rien n’indique qu’ils omettent ce rendez-vous de leurs programmes. C’est en ce sens que la déclaration de patrimoine d’Ahmed Ouyahia semble être un acte fort visant à rattraper la distance que ses concurrents ont prise, alors qu’il était occupé à remettre de l’ordre dans le RND secoué.

Djilali .B : Liberté


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1 commentaire

  1. C’est prende les algeriens pour des cons!
    Il veut faire croire à l’algérien moyen qu’il est plus riche que son premier ministre!

    Comme se fait-t-il qu’un si haut responsable qui a été au sommet du pouvoir depuis 30 ans, diplomate, chef de cabinet à la présidence de la république, trois fois minitres, deux fois chef de gouverment… etc. ne possède dans son compte que 600 000 malheureux dinars ! Soit même pas de quoi acheter une clio neuve!!!

    Ouyahia à travers cette mascrade a perdu le peu de crédiblité (s’il en aviait bien sûr) qui lui restait jusqu’au là!

    Pauvre Algérie…

    Révolté

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