Ramadane jour 5: euro l’indigène qui a…
29 septembre, 2006 | 276 Lectures | Ecrire un commentaire
L’histoire des indigènes n’a pas eu une fin heureuse mais au moins une fin mieux payée. Du moins selon la France et selon sa nouvelle version de la question indigène. Que s’est-il donc passé? Selon les plus pessimistes, la France n’ayant pas pu positiver le passé et la mémoire a eu la bonne idée de positiver le présent. Ce n’est pas la faute du film de Bouchareb mais de celui de ses spectateurs politiciens et de ses consommateurs intéressés.
Résumons: vous avez été indigène? Vous avez été battu, humilié, interdit de voter, utilisé pour la culture des poux, spolié, scolarisé dans une écurie et déclassé partout où vous posiez le pieds chez vous? Vous avez été accouché pour illustrer le code indigène et la loi des deux collèges?
La France vous pardonne vos exagérations et vous lui pardonnez ses oublis. Si vous pensez qu’il y a un lien malsain, inversement proportionnel, entre l’utilisation du film «Indigènes» et la loi du 23 février, vous pensez mal et vous êtes injuste. Que se passe-t-il donc aujourd’hui et que s’est-il passé hier? Presque rien:
1° - Un indigène ayant combattu pour la France ne pouvait, au mieux, encaisser que 30% de ce qu’encaissait le vétéran français de souche. Ceci en vertu d’une loi de cristallisation et d’équité: un indigène ayant combattu pour la France devait être payé en fonction du niveau de vie de son pays d’origine et non en fonction du risque de mort dans le pays de son combat. Passons sur cette version raciale du «sacrifice» qui fait qu’il faut 4 indigènes pour faire le poids d’un vieux soldat français. En Algérie par exemple, un ancien moudjahid peut valoir 6 fois un travailleur SNMG sans que cela ne dérange le principe d’équité post-socialiste.
2° - Il y a quand même un lien direct à faire entre l’immigré et l’indigène, le banlieusard et le soldat, le tirailleur et l’émeutier dans la France des Français. C’est la pédagogie du film de Bouchareb et elle vaut ce qu’elle vaut.
3° - Un film peut aider à corriger l’histoire mais ne la change pas car, à la fin du film, il y a le générique ou les applaudissements et à la fin de l’histoire, il n’y a que les cimetières. Les indigènes sont nombreux et meurent vite. L’argent de la France est le bienvenu mais il arrivera trop tard. Les vrais indigènes ont déjà raconté à leurs descendants une autre histoire d’indigènes qui finit mal et le film de Bouchareb n’y peut rien.
4° - Que va-t-il se passer en Algérie par exemple? Logiquement, certains «indigènes» qui ont combattu pour la France vont être heureux. Après avoir risqué la même vie, essuyé les mêmes mortiers, dormi dans la même gadoue, mangé presque le même plat, porté les mêmes uniformes et offert la même jeunesse, les indigènes vont recevoir la même pension. Ceci pour le côté heureux de cette histoire. Pour le côté sombre, l’histoire parallèle du film indigène va introduire un doute économique majeur: si un «indigène» qui a combattu pour la France peut aujourd’hui gagner plus qu’un ancien moudjahid qui a combattu la France et encore plus qu’un Algérien qui n’a combattu personne, quel est le sens de l’histoire, le synonyme du mot «liberté», la valeur marchande exacte d’un hymne patriotique? Que faut-il raconter aux enfants du pays qui voient qu’un «indigène» vaut mieux au change qu’un nationaliste et encore plus qu’un simple piéton citoyen? Faut-il produire un «contre-indigène» pour prouver que l’indigénat existe encore et qu’il attend, sinon la pension, du moins la repentance? Faut-il augmenter la pension des anciens moudjahiddines algériens pour faire contrepoids? Faut-il revoir les manuels scolaires et expliquer aux générations futures qu’une pension en euros ne peut pas remplacer la promesse du paradis, un fiche communale, une stèle et une gerbe de fleurs déposée par les siens? Autant de questions auxquelles la France a déjà répondu en euros.
Kamel Daoud
Note de l'Article :



Les étrangers et à leur tête les Algériens ont beaucoup donné à la France : participation aux guerres atroces avec son lot de soldats tombés sur le champ, la construction d’usines et d’autoroutes. Aujourd’hui, leurs enfants enfants, d’ici ou d’ailleurs continuent à contribuer à la construction de la France d’une manière ou d’une autre.Sur les Stades, à l’instar de Zidane, sur les planches, à l’instar de Smain, Djamel, Prévot etc. au sein des hôpitaux, des universités, entreprises etc. Sans oublier le service rendu tous les jours à la langue française par les journalistes des pays francophones.
C’est dire, qu’il était temps de reconnaître la dignité à ces combattants, et il est temps de reconnaître les torts causés, et assumer l’histoire afin d’apaiser les esprits et construire un avenir meilleur
Bouchareb se penchera t- il peut être sur ce sujet puisque le langage cinématographique à l’air d’être entendu.
Fathi
Fathi
30 septembre, 2006
Mon père est né en 1921 au Maroc, il est toujour vivant merci à Dieu et en bonne santé.Mais une jambe en moins quand même, perdue à MORSVILLER en Alsace lors de la guerre 39/45.
Il s’est engagé pour la durée de la guerre, soldat 1er classe, a fait le débarquement à Marseille. Sur sa feuille matricule il est vrai qu’il y a marqué INDIGENE avec son matricule militaire,
ses etats de service, ses decorations; il avait été décoré par Mohamed V de la Ouissam Alaouit, Cité à l’ordre de la nation, médaillé militaire etc..et décoré de la légion d’honneur.Sa penssion, était en effet christalisée, il ne touchait pas grand chause, arrivé en France il a attendu 8 ans avant d’avoir la Nationalité française, malgré avoir perdu une jambe, saa santé et eu de grosses sequelles psychologique. la seule solution pour vivre avec assé de moyens il n’avait trouvé que cette solution d’aquisition de la nationalité française pour que sa pension de grand mutilé de guerre lui soit versée au même taux que les combattants français. Il a eu sa penssion de guerre décristalisé en 1977.
Mon père m’a raconté que au rassemblement le matin devant le drapeau , les Français on les appellait par leur nom de famille et eux par leur numéro matricule. Mon père m’a appris qu’il fallait beaucoup de patience pour réussir.Je suis moi même policier à paris, et ej sais ce qu’est la valeur de ces hommes et de ces femmes qui ont aussi soufer. je remercie toutes les personnes qui ont contribuées à la réalisation de ce film.
MOFRAD
mofrad
01 octobre, 2006
Le traitement de nos anciens combattants maghrébins est une honte pour la FRANCE .
Je suis Marocain et je sais que les goumiers et autres zouaves ont servis de chair à canon en Europe (face aux nazis) et en Indochine .
Certains , se sont méme couvert de gloire sur les zones de combats : bravoure , médailles militaires , croix de guerres …
Mais à la fin , ils ne récoltent que des miettes .
Pensions misérables , hogra , indifférences …
IL a fallut attendre 2006 et un film de cinéma pour que Chirac et les Français comprennent, qu’il avait des HOMMES qui ont combattu pour la France , et qui étaient traités comme des … sous-hommes !!
J’ai les larmes aux yeux , quand je les vois aujourd’hui , debouts, dignes , majestueux avec leurs djellabas en laine et leurs inombrables décorations sur leurs poitrines .
J’en tire une immense fiertée !!
salut à vous .
ALAOUI
02 octobre, 2006
La prestation , le talent du Marocain Jamal Debbouze est tout à fait admirable .
Voila un jeune homme handicapé , qui a gravit les échelons du showbizz français avec mérite et détermination .
Chapeau bas à Jamal et au film indigénes .
SALUT
MALEK
05 octobre, 2006
DERNIERE NOUVELLE :
jAMAL DEBBOUZE NE VIENDRAS PAS A ALGER PRESENTER LE FILM INDIGENES AVEC TOUTE L’EQUIPE …
LES AUTORITEES ALGERIENNES LUI ONT REFUSE LE VISA D’ENTRER …
MISTERES DE LA POLITIQUE ALGERIENNE , AIGRIS ET MECHANTES , MEME LES ARTISTES N’Y ECHAPPENT PAS …
C’EST UNE HONTE !!!
lire l’article du journal ALWATAN du 8 octobre .
RACHID
09 octobre, 2006