Ni Sarkozy ni Royal

20 février, 2007 | 259 Lectures | Ecrire un commentaire

DIALOGUE INTERRELIGIEUX ET PRESIDENTIABLES DE FRANCE

Nicolas Sarkozy doit joindre l’acte à la parole.
A chaque sortie médiatique, il courtise les musulmans en France dans ses déclarations. Il prône un discours moralisateur portant sur la tolérance, la fraternité et le devoir de coexistence entre les diverses communautés religieuses qui vivent dans ce pays et ce, pour des fins purement politiques. La récolte des voix de l’électorat musulman.Mais dans la réalité, il n’a procédé à aucune action concrète pour le bien des musulmans alors qu’il peut, en tant que ministre de l’Intérieur ou, par ailleurs, en tant que leader de l’UMP, un parti qui contrôle la gestion de milliers de communes en France, faire un minimum pour cette communauté dont la présence est de plus en plus visible dans la société française.


Autoriser les musulmans à ouvrir des lieux de culte et leur octroyer des espaces pour implanter des cimetières propres à eux et prouver ainsi ses bonnes intentions et le respect qu’il présente à ces derniers, car c’est humiliant pour nous de continuer d’enterrer nos morts dans des carrés…et faire la prière dans des caves !» a plaidé M.Abdellah Zekri, président de la fédération de la Grande Mosquée de Paris, en marge de la rencontre qui s’est tenue dimanche dernier à l’université de l’Emir- Abdelkader des sciences islamiques de Constantine, inscrite dans le voyage d’amitié islamochrétien, effectué dans cette ville par une délégation cultuelle lyonnaise dans le cadre du dialogue interreligieux.

M.Zekri, qui a précisé que pas moins de 70 % des musulmans enterrent leurs morts dans leurs pays d’origine, a expliqué que la coexistence en France est un problème plutôt politique que religieux. «C’est aux politiques français de s’armer de courage pour assurer la justice à tous les citoyens quelle que soit leur couleur, autrement dit, une vie digne et respectueuse pour tout le monde, parce que tous les chefs religieux et notamment monothéistes s’entendent sur la question de tolérance», a-t-il dit en ajoutant que c’est le mépris qu’endurent les musulmans qui est à l’origine de la violence. En réponse à une question ayant trait à la position de la mosquée dans les prochaines élections présidentielles en France, M.Zekri qui a déclaré que Ségolène Royal, candidate de la gauche, n’est pas du tout sa «tasse de thé», a précisé que les musulmans en France sont assez mûrs pour choisir le candidat qu’ils jugent bénéfique pour eux tout en rejetant le concept de l’islam de France, véhiculé par les politiques français car, à ses yeux, l’islam est universel et possède ses lieux saints.

«Pourquoi ils évoquent Rome quand il s’agit du christianisme ou Moïse pour le judaïsme et pour l’islam c’est…la France ?»
s’est-il interrogé. Les débats entre les deux parties de la délégation lyonnaise qui ont été présidés par le cardinal Philipe Barbarin, archevêque de Lyon et de la région Rhône-Alpes du côté chrétien et par M. Azzedine Gasi, président du conseil régional du culte musulman Rhône-Alpes côté musulman et obtempérés par l’intervention de l’imam de la mosquée de l’Emir-Abdelkader, M.Regig, ont porté sur des questions relatives aux valeurs spirituelles, du dialogue interreligieux et de la coexistence. Si le cardinal Barbarin a insisté sur le fait de l’admiration mutuelle pour que le dialogue arrivera à quelque chose, le père Doloran, un universitaire connu par ses actions de solidarité, a jugé qu’il y a beaucoup plus de peur que de haine entre musulmans et chrétiens. Il a indiqué que seul le respect, qui doit s’installer dans la durée et ce, pour vaincre nos peurs et empêcher la haine, peut permettre une coexistence entre les différentes communautés. «Il faut qu’on se connaisse pour pouvoir approfondir des réflexions sur les questions de la société», a-t-il conclu.

L’imam Regig a abordé dans ce sens la valeur de la tolérance en se référant à des textes du Saint Coran et des histoires du prophète Mohamed (QSSSL) et de son deuxième successeur le calife Omar. Le recteur de la mosquée de Lyon a parlé du problème de la formation et la compétence des imams en France, qui, en majorité, viennent de divers horizons et ne maîtrisent pas leur sujet et de ce fait, ne peuvent pas transmettre le message aux jeunes musulmans de ce pays et créent de la confusion chez eux. Il a précisé que sur les 1600 lieux de prière en France, seules les grandes mosquées bénéficient des services d’imams qualifiés. M. Boukhelkhal, recteur de l’université de l’Emir-Abdelkader a proposé la prise en charge des demandes officielles de formation dans des cycles courts pour former des imams qui peuvent officier dans des mosquées en France et jouer pleinement leur rôle.

Lyas Hallas


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