Dans un communiqué de presse rendu public hier, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et la république (UDR) n’a pas mâché ses mots en critiquant, sans aucune retenue, les propos tenus par le secrétaire général du FLN lors de son dernier passage au forum de l’ENTV.

A deux jours du lancement de la campagne électorale, les rivalités entre les leaders des partis politiques s’étendent pour se transformer en un contenu concret de contextes de meetings qui seront organisés par les différents partis en lice pour les prochaines élections législatives.

Ainsi, après des échanges de propos critiques entre Amara Benyounès de l’UDR et Louisa Hanoun du Parti des Travailleurs, voilà venir un autre épisode opposant cette fois le chef de file du FLN à celui de l’UDR.

Dans un communiqué de presse rendu public hier, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et la république (UDR) n’a pas mâché ses mots en critiquant, sans aucune retenue, les propos tenus par le secrétaire général du FLN lors de son dernier passage au forum de l’ENTV, où il a abordé le meeting animé conjointement par l’ANR et le MDS vendredi dernier au siège de la Centrale syndicale.

«Je n’ai jamais attaqué personnellement Belkhadem, ou lui ai manqué de respect», expliquera Amara Benyounès en soulignant que ce genre d’agissement «ne fait partie ni de ma philosophie politique ni de mon comportement d’homme». Dans sa réplique au lendemain de cette apparition publique, le chef de file de l’UDR dira que Belkhadem «a perdu son sang-froid, proféré un gros mensonge et un commentaire grossier» lit-on dans le communiqué.

Le numéro un de l’UDR s’est révolté contre les propos et les commentaires formulés par Belkhadem qu’il a d’ailleurs qualifiés de «mensongers». Ces propos concernent l’avis exprimé par l’UDR sur les marches organisées mercredi dernier à travers toutes les wilayas pour dénoncer les attentats perpétrés contre le Palais du gouvernement et le commissariat de police de Bab Ezzouar. Pour se défendre contre ces atteintes directes et ces diffamations tenues publiquement, Amara Benyounès réplique : «Les présents au meeting de vendredi dernier peuvent témoigner que je me suis félicité de l’organisation de ces manifestations qui ont permis, pour la première fois, au peuple de s’exprimer contre le terrorisme», lit-on dans le communiqué rendu public hier. Pour prouver sa bonne foi, le patron de l’UDR revient sur son appel à la mobilisation massive pour prendre part à ces manifestations : «Bien avant, j’ai appelé tous les militants et cadres de l’UDR à participer à ces manifestations», précisera-t-il.

Amara Benyounès n’a pas omis de rappeler que sur le plan de la pratique politique, le SG du FLN est considéré comme un rival avec qui il n’y a pas de partage d’idées ni de positions : «Belkhadem est un adversaire politique que je combattrai de toutes mes forces au plan des idées parce que sa vision de l’Algérie est différente de la mienne».

Selon le commentaire prononcé par Belkhadem et qui a été à l’origine de la colère du numéro un de l’UDR, «Amara Benyounès serait un homme politique informel», signifiant ainsi que le chef du gouvernement se réjouit du fait que ce parti agisse dans l’illégalité. «C’est une position scandaleuse», estime Amara Benyounès, qui fait un lien direct en déduisant une étroite relation entre la non-obtention d’agrément par son parti et l’implication de Belkhadem dans cette affaire : «Les Algériens sont avertis de ce qui les attend en matière de libertés publique et individuelle si Belkhadem détient tous les pouvoirs», commentera-t-il. «Je préfère, et de loin, être élu à la tête de mon parti par des militants que d’être désigné de nuit par un juge dans un tribunal» a-t-il ajouté.

Pour lui, Belkhadem ne répond pas sur le fond de la question qui l’a amené au dérapage. «Le contrat de Rome, dont Belkhadem était un partisan, voire un artisan, était une offre d’abdication de l’Etat républicain devant le terrorisme intégriste, alors que la charte de réconciliation est un geste de générosité d’un Etat fort. La défaite militaire du terrorisme ne saurait se transformer en victoire politique de l’intégrisme», dira Benyounès en soulignant que, sur ce seul terrain politique, sa formation attend la réponse de Belkhadem.

Nouria B.


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