Algérie : Beaucoup d’argent, et si peu d’idées
17 juillet, 2007 | 1,077 Lectures | Ecrire un commentaire
Que veut Nicolas Sarkozy ? Grande question.
Mais peut-être faudrait-il savoir auparavant ce que veut l’Algérie pour elle-même ?
A part acheter des armes à la Russie et se faire construire une autoroute par les Chinois et les Japonais, l’Algérie a de la peine à trouver un débouché pour les recettes financières obtenues grâce à la vente d’hydrocarbures. Car malgré une frénésie de dépenses, les réserves de change ont atteint 90 milliards de dollars à fin juin 2007.
Face à des recettes qui tournent autour de 50 milliards de dollars par an, les dépenses incompressibles se montent à 20 milliards de dollars par an, destinées à faire fonctionner l’économie du pays - importations de biens d’équipements, matières premières et services -, ou à acheter la paix sociale - produits alimentaires, médicaments, produits de large consommation -. Une nouvelle mode a été introduite, pour faciliter l’installation des banques étrangères et les inciter à se lancer dans une activité rudimentaire, le crédit à la consommation. Mais toutes les dépenses représentent moins de la moitié des recettes d’exportations d’hydrocarbures.
Le million de logements promis par le président Abdelaziz Bouteflika ne sera jamais réalisé dans les délais. Car si l’Algérie sait importer, par contre, elle ne sait pas construire, ni produire. Elle délégue le tout à des entreprises étrangères. L’actualité économique du pays est d’ailleurs essentiellement faite de signatures de contrats avec de grosses firmes étrangères, qui réalisent routes, voies ferrées, stations de dessalement, usines de liquéfaction de gaz ou fournissent des vaches laitières. La presse algérienne a d’ailleurs élevé au niveau de dogme cette compétition entre grandes puissances économiques qui se battraient pour s’emparer du marché algérien.
Dans ces fortunes dépensées annuellement par l’Algérie, on retrouve une petite part consacrée aux infrastructures de base, une autre réservée à une production encore insignifiante, alors que le reste, un peu plus de la moitié, est consacré à la consommation. Au chapitre production, il faut cependant reconnaître que l’Algérie excelle sur un chapitre : elle produit abondamment des discours creux. Assises de la stratégie industrielle, le mythe du géant qui se réveille, de l’Algérie qui part à la conquête du Maghreb, de l’expansion tous azimuts et du choix de nouvelles branches, tout a été dit. Avec un seul résultat : beaucoup de mots et de papier, et aucun acte concret.
C’est dans ce climat que le président français Nicolas Sarkozy a honoré l’Algérie de sa première visite hors de l’Europe. On peut imaginer facilement quelles sont ses objectifs politiques et économiques. Au plan politique, il veut inciter l’Algérie à contrôler l’émigration, algérienne et africaine, il veut trouver des partenaires sensibles à ses thèses, pour promouvoir son Union méditerranéenne, qu’il veut substituer au projet américain de Grand Moyen-Orient. La finalité est évidemment la même que celle de son ami George Bush : promouvoir dans la rive sud de la Méditerranée des régimes « ouverts » en mesure d’intégrer Israël dans une grande communauté fraternelle.
Sur le plan économique, Nicolas Sarkozy veut renforcer davantage les intérêts français en Algérie. Ambitieux, il n’hésite pas à dessiner des projets d’avenir pour les entreprises algériennes, dont la plus puissante, Sonatrach, qu’il veut lier à des entreprises françaises. Personnage sans ancrage historique, du fait de son propre itinéraire, le chef de l’Etat français peut négliger des questions qui peuvent paraître essentielles à ses interlocuteurs. Mais peut-on le lui reprocher ? Pur produit du CAC 40, de la mondialisation et des plans media, Nicolas Sarkozy est pleinement dans son rôle. Il veut mettre en place de nouvelles règles, conformes à son monde à lui. Il a été élu pour cela.
Par contre, c’est du côté algérien que la situation est préoccupante. Le pays a en effet peu de choses à proposer à la partie française. A côté de l’humiliante question des visas, on ne sait guère ce que l’Algérie ambitionne pour Sonatrach, ni si elle veut se doter d’une véritable économie. Incapable de dégager un hectare pour les projets industriels, de consacrer des assiettes de terrains pour la construction de logements, d’offrir un crédit bancaire pour la fabrication de pièces automobiles, l’Algérie se retrouve dans la position dans la position de la jeune fille courtisée à cause de la dot qu’elle va ramener. Mais elle ne prend jamais l’initiative, et attend que les autres lui fassent des avances pour réagir, en rejetant leurs offres ou en se laissant entraîner dans une coopération incertaine.
Cette incapacité de l’Algérie à se lancer dans de nouvelles initiatives étonne. D’autant plus qu’elle dispose de deux atouts essentiels: le financement et le marché, mais elle ne sait pas quoi en faire. Pourtant, note un économiste, d’autres pays ont mis en place des formules devenues classiques dans le placement de l’argent et son utilisation. Pour les surplus financiers, il suffit ce créer des fonds d’investissements qui prendraient des participations dans des entreprises un peu partout dans le monde, à la fois pour gagner de l’argent, et pour apprendre comment sont gérées des entreprises performantes. Un fonds d’investissement de Dubaï a bien acheté des parts dans le fleuron de l’industrie européenne, EADS, ajoute cet économiste. « Au lieu de tourner en rond à propos de la privatisation du CPA, les responsables algériens feraient mieux de voir comment permettre à cette banque d’utiliser ses surplus financiers pour se développer à l’international », dit-il. D’ailleurs, « que faire de l’argent obtenu par le biais de la privatisation du CPA, alors que qu’on ne sait pas quoi faire de l’argent déjà disponible ? », se demande-t-il.
Au plan interne, passer en revue les échecs de l’économie algérienne est devenu un exercice lassant. Depuis au moins une décennie, les responsables qui se succèdent n’ont pas avancé d’un pouce sur certains sujets, comme l’allégement du poids de la bureaucratie, le crédit, le foncier et la lutte contre la corruption. La situation s’est même dégradée. Au point que même les interlocuteurs étrangers s’en alarment.
Dans un tel schéma, il est facile de se lancer dans de savantes analyses sur les appétits français, les visées américaines et les ambitions espagnoles ou italiennes, ou encore sur la menace chinoise. De grands stratèges font de brillants exposés pour expliquer comment déjouer tous ces plans et ces complots ourdis de l’étranger. Mais tout cet effort est aussi dérisoire qu’inutile, tant que le pays continue à naviguer à vue, sans objectifs politiques et économiques clairs. C’est cette absence de démarche qui constitue la première menace pour le pays. Il ne sert à rien de se demander ce que veut Nicolas Sarkozy ou George Bush si on ne sait pas soi-même où on va.
Abed Charef
Note de l'Article :



l’article apporte de bonne chose nottament sur les ambitions exterieurs a l’algèrie mais par contre un pessimisme de la manière et la facon dont est dirigé l’algèrie dans son engagement dans ces demarches et ces initiatives, je ne comprend pas et je ne suis pas daccord l’algèrie est un pays jeune, qui tout juste emerge de periode de douleurs de sang et de pertes humaines considerable l’algérie est sensible, elle donne l’impression d’avancé a reculons mais je ne pense pas, elle donne l’impressions de se precipité sa aussi je ne pense pas. je pense qu’elle agit en fonction du besoin, quand par exemple elle aplique une politique militaire pro russe on lui reproche mais c’est son histoir et elle la choisi en fonction, quand elle apel les chinois on lui reproche de ne pas avoir le savoir alors que l’algerie a reconstruit l’europe aprés la deusième guerre je trouve des propos comme cela indigne et insultant, le prophète (swa) a dit tourné vous vers la chine pour sa science, et d’autre parle de menace. je pense qu’avant de faire et de prendre le temps de confectioné un article il faut pesé ces propos. pour finir, dans le monde la quasi totalité des gens se tourne vers l’occident en abandonant le sud mais certains peuple, diffèrents les un des autres aux 4 coins de la terre reste digne et demarche a leurs ritme sans s’abandoné ou oublier.
smaildici
17 juillet, 2007
les raisons de la chute
un seul principe a fait l’apogée de lacivilisation musulmane
celui édicté par le saint prophète:” va à la recherche de la science et ce jusqu’en Chine !” un autre dire du prophète
ajoute plus de précision: ” la science se cherche du berceau
jusqu’au tombeau”
tant que les musulmans privilégiaient la science aux loisirs
ils furent des précurseurs
lorsqu’ils ont sombré dans le luxe, le confort et la paresse
et qu’ils délaissèrent l’Etude tous leurs acquis ont disparus
au profit d’autres qui tapient dans l’obscurité rêvaient de les dépasser: ce fut chose faite
mais rien n’aurait été possible sans l’extraordinaire soif de connaissance des musulmans : ils inventèrent le raisonnement
appuyé sur l’observation ! et privilègiaient l’exercice de la raison !
Descartes, Rousseau, et tant d’autres penseurs occidentaux
islamophiles l’ont rappelé ultérieurement
il n’y a qu’à lire le contrat social .
la notion même de civilisation n’est pas retenue par tous les scientifiques pour caractèriser un ensemble aussi diversifiè
(langues, coutumes , religion, art, ) et non monolithique
que l’ensemble occidental.
Ayman
18 juillet, 2007
Article très interessant et diagnostic d’une grande finesse,reste plus qu’à trouver les remèdes efficaces pour stopper cette hemorragie…Je propose qu’on arrête d’importer de la “vache qui rit” et qui rit de plus en plus sur notre manière de gerer ce pays,au lieu de celà on importerait un enseignement digne de ce terme,importer une ecole de gestion,des enseignants competents pour former les gestionnaires futurs de notre pays,la notre “d’ecole” n’a formé que des ignards primitifs ne pensant qu’a leur interets,on pourrait faire comme la tunisie…payer à prix fort des enseignants universitaires dignes de ce nom pour former une generation solide qui après celà transmettra le savoir faire à la generation d’après.Un âne ne peut aboutir qu’a la formation d’un âne.L’Algerie ne nous appartient pas,c’est un prèt que nous ont legué nos encetres pour le transmettre à notre descendance,ils nous ont laissé comme heritage un pays liberé du colonialisme et je vois qu’on va laisser comme heritage un pays colonisé mais cette fois ci le colon est encore plus mechant car il s’appelle “La connerie”.Importons du savoir faire pour ne plus avoir à vivre sur le dos d’un liquide noir en voie d’extinction.
Moon
19 juillet, 2007
j’aimerais vous demandé de regardé ailleurs et les russes l’on compris les premiers, l’avenire ne se voie plus en pays mais en block, la nation arabe doit voir le jour.
smaildici
19 juillet, 2007