Algérie : Amputation de l’hymne national
11 novembre, 2007 | 1,575 Lectures | Ecrire un commentaireLe révisionnisme en marche
Sans minimiser l’atteinte grave à l’hymne national ni renoncer à défendre la mémoire des martyrs de la Guerre de Libération nationale et des 132 ans de colonisation, il y a lieu, devant la répétition des tentatives de révisionnisme de l’histoire, d’ouvrir un débat au lieu de jeter l’anathème sur ceux qui pensent autrement. Ce débat nécessaire serait une occasion de remettre les choses à leur place (en faisant appel aux historiens et non pas aux politiques) et permettrait aussi à un courant ultraminoritaire au sein de la société, qui pense sincèrement que “la France a libéré l’Algérie de la domination ottomane”, de s’exprimer ouvertement pour défendre ses idées au lieu de recourir à des tentatives par effraction pour enjoliver l’histoire la colonisation.
L’opinion publique en général, et les officiels (ministres et même le président de la République) semblent tomber de très haut en découvrant l’amputation de l’hymne national, Kassaman, d’un de ses couplets les plus significatifs, celui où Moufdi Zakaria cite nommément le pays colonisateur, en l’occurrence la France, et dans lequel il annonce une réponse ferme des moudjahidine à plus d’un siècle de crimes commis contre le peuple algérien.
Les élèves de 5e année primaire (nouveau programme) sont donc invités à lire Kassaman sans cette partie qui a suscité, rappelons-le, d’autres tentatives de suppression dans les années 80. Est-ce un hasard ? Une erreur d’inattention ? Non, mille fois non, car en plus de l’hymne national tronqué dans le livre d’éducation civique de 5e année, il y a eu deux autres tentatives de falsification de l’histoire de la Guerre de Libération, cette fois dans le manuel d’histoire. Reconnaissons ici la vigilance de deux quotidiens arabophones qui ont eu le mérite de médiatiser cette mascarade qui attribue à la France un rôle «libérateur» de l’Algérie et qui qualifie les membres de l’Organisation Secrète (OS) de «révolutionnaires extrémistes». Un contenu qui ressemble étrangement à celui qui est enseigné en France dans les manuels d’histoire.
Les deux paragraphes incriminés se trouvent en pages 17 et 59 du livre d’histoire de 5e année primaire. «La France a bénéficié, au début du XIXe siècle, de la révolution industrielle pour développer son armement et ainsi pour constituer une force militaire qui lui a permis de libérer l’Algérie» (page 17) ; «A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a montré son véritable visage le 8 mai 1945, ce qui a prêté le flanc aux extrémistes révolutionnaires parmi les militants du PPA à plus d’extrémisme, ce qui a élargi le fossé entre eux et ceux qui espéraient encore à cohabiter dans la paix et la sécurité avec la France». De quoi réveiller Mohamed Belouizdad dans sa tombe et donner des sueurs froides à Hocine Aït Ahmed, tous deux membres de l’OS !
L’on retiendra donc des paragraphes cités précédemment que l’armée française est venue nous «sauver» des Ottomans et que les moudjahidine sont des «extrémistes». Mais l’idée essentielle, véhiculée dans le troisième paragraphe, concerne le désir de «cohabitation» qu’on veut attribuer à une majorité d’Algériens qui auraient regretté le départ des Français. Le «vivre ensemble» qu’on nous chante ça et là depuis quelques années en particulier.
Il faut dire que les idées qu’on a voulu inculquer à nos enfants participent d’une minutieuse entreprise de révisionnisme. La méthode se veut «humaniste» et peu choquante. On y parle de cohabitation entre les Français d’Algérie et les autochtones. On prétend dénoncer les affres du colonialisme, tout réprouvant l’action armée des «extrémistes» de l’OS et de l’Armée de libération nationale (ALN). Cela s’appelle de l’équilibrisme. Le but de cette entreprise dépasse de loin l’enseignement de l’histoire. Elle s’atèle plutôt à préparer l’avenir d’une «prochaine» cohabitation qui ouvrirait les portes aux pieds-noirs (ou à leur enfants).
Ce «cohabitationnisme» a été perçu depuis au moins deux années à travers les colloques et autres journées d’études consacrées à Albert Camus et dont le but essentiel est de présenter cet écrivain colonialiste dans un habit d’humaniste qui souhaitait plus de droits pour les Algériens tout en leur refusant le droit à l’indépendance. On a décrété Camus présent dans «l’imaginaire algérien» en favorisant une lecture esthétique de ses ouvrages. Ce forcing intellectuel va même jusqu’à masquer certaines vérités dans la vie et l’œuvre de l’écrivain. Pourtant, «jamais on ne verra Camus évoquer autre chose que l’Algérie française», comme le soutenait Henri Alleg lors d’un colloque organisé en France, dans une analyse des reportages effectués en 1939 en Kabylie par l’auteur de La Peste.
Au lieu de la qualifier de traîtrise, il est préférable de laisser s’exprimer cette façon de voir les choses. Que des Algériens, certes ultra minoritaires, considèrent que la France nous a légué de beaux immeubles, des routes, un réseau de chemins de fer et qu’elle nous a sauvé du Moyen-Age oriental qui nous attendait si la présence ottomane s’était étalée dans le temps n’est pas si grave que certains veulent nous faire croire. Il est, d’ailleurs, préférable d’ouvrir la porte du débat à des idées qui peuvent nous paraître déraisonnables que de s’engouffrer dans l’exclusion. Si des gens sérieux peuvent nous démontrer que les Algériens ont mieux vécu sous la colonisation française que sous le protectorat ottoman, qu’ils le fassent librement. Mais qu’ils le fassent à visage découvert, avec des idées clairement exprimées et non pas dans des actions sournoises comme celles qui ont mené vers des falsifications en coulisses de l’histoire de l’Algérie dans des livres destinés à des écoliers (ce qui relève de l’apprentissage). Le courage a-t-il manqué aux commanditaires de cette démarche de consigner leurs doctrines dans des ouvrages indépendants, hors du champ scolaire, et de les exposer à la critique des professionnels, historiens, universitaires et intellectuels ?
Donc les seules conditions pour l’ouverture d’un débat sur une question aussi sensible que grave, c’est le courage dans la prise des positions et le respect de l’opinion de la majorité. Que ceux qui estiment qu’il ne faut plus remuer le couteau dans la plaie en procédant à l’élimination d’un couplet de l’hymne national, que ceux qui pensent la France a sauvé les Algériens, que ceux qui considèrent que les «extrémistes» parmi les militants nationalistes ont gâché la cohabitation entre colons et autochtones assument publiquement leurs idées. Que ceux qui regrettent que «les escapades canailles dans les bars frais de Bab el-Oued, où les hommes commandaient une anisette et les femmes un sirop d’orgeat, ne pourraient plus avoir lieu aujourd’hui» (nous sommes ici dans la cohabitation hommes/femmes dans les bars !) défendent ouvertement leurs opinions auprès d’un large public. Qu’ils cherchent la légitimité à leurs positions en les confrontant à des opinions averties et non pas en les inculquant, de manière détournée, à des enfants qui ne sauraient faire la différence entre la vérité et la propagande historique.
Rappelons juste que dans un passé récent, des œuvres cinématographiques ont eu le courage d’assumer cette lecture de l’histoire de l’Algérie. Certes, elles ont eu un succès très limité auprès d’un public acquis d’avance, mais elles ont eu le mérite de venir à visage découvert pour s’exposer à la critique. C’est le prix à payer pour la liberté d’opinion. Abdelkader Djalil
Note de l'Article :



J’ai lu avec intérêt voter post. Mais sincèrement, vous en avez pas marre de l’autoflagellation??? j’ai l’impression que nous sommes les seuls à s’auto casser de la sorte. Bien sûr qu’il est nécessaire de prendre acte de nos erreurs etc, mais il n’y a que du négatif à l’endroit où d’autres s’autocongratulent.Je sais que nous sommes loin de vivre avec l’aisance matérielle d’un allemand, mais remarquez quand même que l’Algérie, ce n’est pas l’Ouzbekistan ( sans dénigrer ce pays ). Nos résultats économiques ainsi que dans d’autres domaines surpassent et de loin ceux du maroc, pourtant je vois rarement de critiques aussi véhémentes que les notres. J’ai peur qu’un jour, certains algériens peu fiers d’eux même en arrivent eux même à parler des bien faits de la colonisation…Nous n’en sommes pas loin.
ben a Abdelkader Djalil
11 novembre, 2007
vos propos discordants ne prennent pas en compte la réalité historique qui ne s’écrit pas en s’inventant une histoire ET EN AFFIRMANT DES INEPTIES dictées par une idéologie qui ont portées nos sociétés au chaos.Je vous laisse méditer quelques lignes d’un grand homme de chez nous…”J’ai pu lire d’un bout à l’autre le numéro spécial du Moudjahid. J’ai été navré d’y retrouver, pompeusement idiot, le style d’un certain hebdomadaire régional. Il y a dans ces trente pages beaucoup de foi et de désintéressement mais aussi beaucoup de démagogie, de prétention, de naïveté et d’inquiétude. Si c’est là la crème du FLN, je ne me fais pas d’illusions, ils tireront les marrons du feu pour quelques gros bourgeois, quelques gros politiciens tapis mystérieusement dans leur courageux mutisme et qui attendent l’heure de la curée. Pauvres montagnards, pauvres étudiants, pauvres jeunes gens, vos ennemis de demain seront pires que ceux d’hier.”
à méditer longuement…En demandant conseils aux anciens, à ceux qui ont vu, connu et subi tout ce dont vous parlez et que vous décrivez selon un style gauche-caviar qui mime certains intellos français qui se servent de vous en espérant une reconquête de plus en plus incertaine du pouvoir. Seule une démocratie à l’occidentale aurait pu permettre à notre pays de prospérer et d’évoluer dans le bon sens et le seul lègue positif que la France aurait pu léguer au pays qu’elle avait enfanté,n’a pas pu être
exploité à cause de la rapacité des chacals qui visaient uniquement le pouvoir, l’argent et les honneurs.Une élite algérienne existait mais malheureusement fut anéantie et intimidée. iL EST GRAND TEMPS DE REHABILITER NOTRE HISTOIRE qui jusqu’à présent n’est que fabulation, mensonge et falsification. Mamhed Yazid avait clairement donné son avis en 1962, rien ne vous empêche de faire des recherches et de vous imprégner une fois pour toute de l’esprit de la Révolution qui n’est pas, loin de là, ce que traduisez et tentez de faire passer…
Mouloud Feraoun. Journal 1955 – 1962
Touil
12 novembre, 2007
Erreur , cher ami , Les résultats économiques du maroc et de la Tunisie sont meilleurs que ceux de l’Algérie qui ne peut compter que sur le pétrole et le gaz , des richesses naturelles , pour se maintenir a niveau .
Le peuple algérien est un peuple assisté a cause du parti unique le FLN qui a fait de l’Algérie un pays de rentes .
Le Maroc , qui n’as ni pétrole ni gaz ,ne peut compter que sur l’esprit d’entreprenariat de ses hommes et sur la diversité de son économie .
RACHID
13 novembre, 2007
Hélas il y a bien longtemps que le Maghreb et l’Algérie sont colonisés…dans le désordre, je ne suis pas une savante, les Arabes les Romains les Turcs les Français et les Arabes sont toujours là ! de plus en son temps ils vous ont imposé leur religion.
Il est temps, effectivement de réunir des historiens, de tous bords, afin de connaître toute la véritable Histoire du Maghreb.
Déposez les armes svp, même verbales, si vous voulez être juste n’oubliez pas vos crimes commis contre les Européens et même les Maghrébins.
Expliquez moi pourquoi beaucoup continuent à suivre les colonisateurs en France ? Dans le golfe il y a plus de travail qu’en Europe.
CQFD. Mireille Citoyenne du Monde
Citoyenne du Monde
15 novembre, 2007
ferhat demande de courigè les exercices de 5eme année primaire page 137 exercices:1 2 3 4
ferhat
18 mai, 2008
nous sommes citoyens algériens mais nous ne controlant rien et nous nous taisons et laissons tout passé, ils ont changé notre hymne national, notre histoire, certe je dis a chaque fois raz-bol des moujahidine et chouhada tout tourne autour d’eux, ils ont tous les privilèges de l’algérie comme si l’algérie n’appartient qu’a eux, et la aussi on se tait, on augmente les prix de tout les matière de première nécéssité pour l’algérien pauvre et on se tait, il change le programme de nos enfants ,(je pense que les responsables de ses changement n’ont pas d’enfant scolarisé dans l’état algérienne “ça c’est une réalité”) et la on ne prononce aucun mot, on bitume quelque voie et il creuse aprés des trançons et il les rebitume (c’est normal aussi en algérie) ils font la loi de finance selon un prix de 19 usd pour le baril de pétrole alors qu’il atteind et dépasse les 130 usd.
a qui parlé, a qui demandé des explications, des comptes rendu. GRAND MYSTERE????????
nos élus locaux ces fameux elus, que pourrait-je dire, ne tiennent pas leur promesses, leur principale préocupation c’est défendre leur interet et personnels en plus, faut pas se perdre.
que faire????????
je suis une citoyenne algérienne qui en a marre de voir des choses incohérente et n’avoir aucune explications, ne pouvoir réagir et ne savoir ou aller pour demander de l’aide.
je vous le jure que j’aime de tout mon coeur l’algérie et quand je vois un aussi riche pays j’ai du mal a croire que le maroc et la tunisie nous devance dans tout les domaines, juste en se basant sur la superficie c’est notre superficie est x…..% et population n’en parlant pas.
alors je lance un crie de désespoir a ces gens qui ont oublier d’ou ils venaient? qui suce le sang de leur patrie pour remplir leur poche a dire que ne sont surement pas des algériens car je préfere croire ça que autre chose.
prière réveillez-vous!
algérienee
24 mai, 2008
le jour ou l’algerie aura sa place ;au cotés des grandes nations ,ne dites surtout pas;que les autorités algeriennes en sont pour quelques choses ;c’est surtoutle peuple algerien lui meme qui a pris son destin en main et qui a payé un grand sacrifice et il continu a payer mais il sortira grandi mais laissons nos voisins dormir et cherir leurs roi et leurs presidents
guezouli
11 juin, 2008